Tout savoir sur la retraite avant la réforme

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Assurer ses arrières en préparant sa retraite nous offrira un passage en douceur dans le monde de “l’après travail” !

Si les spécialistes de la gestion de patrimoine conseillent de préparer sa retraite le plus tôt possible, la majorité des Français ne s’en soucient guère avant la quarantaine. La dernière enquête TNS Sofres pour Fidelity nous montre que l’âge moyen auquel ils commencent à s’en occuper est 38 ans. Ce chiffre était de 31 en 2007. La moyenne Européenne est à 30, la France est donc bien en retard.

Il est important de prévoir le plus tôt possible sa retraite, voici en détails les enjeux et solutions d’une retraite préparée pour chacun. Notez également que chaque profil est différent et effectuer un bilan retraite auprès d’un spécialiste peut s’avérer plus pertinent et adapté à vos besoins respectifs.

Sommaire

Pour comprendre

  1) Un contexte préoccupant

  2) Les conditions de départ

  3) Vous êtes :

  • Salariés
  • Artisans et commerçant
  • professions libérales
  • fonctionnaires
  • carrières mixtes

  4) Les solutions

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I. Un contexte préoccupant:

Nous vivons plus longtemps…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais avec moins d’actifs

 

Déséquilibre entre cotisants et retraités

En 1960 : 4,69 cotisants par retraité

En 1980 : 2,79 cotisants par retraité

En 2000 : 2,08 cotisants par retraité

En 2020 : 1,59 cotisants par retraité

Il y a en 2010, 15 millions de retraités.

Les problèmes de financement

En 2010, 279 milliards d’euros sont alloués au paiement des retraites soit 14,4% du PIB.

Déficit en 2010: 32 milliards d’euros.

En 2050, on estime que ce déficit sera entre 75 et 115 milliards d’euros.

II- Les conditions de départ

La réforme de 2010 a relevé l’âge de départ à la retraite, dans la plupart des cas. A partir de 2017, l’âge minimum pour partir à la retraite sera de 62 ans, contre 60 ans précédemment.

Il reste possible de partir avant cet âge à certaines conditions, notamment lorsqu’on a commencé à travailler très jeune.

Lorsque le travailleur demande la mise en paiement de sa retraite, on parle de « liquidation des droits à la retraite ».

1. Les âges légaux

L’âge minimal pour partir à la retraite est de 62 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1955. Pour les générations précédentes, cet âge diffère en fonction de l’année de naissance, selon le tableau suivant :

La retraite à 62 ans

Pour pouvoir percevoir une pension complète (c’est à dire à taux plein), il faut avoir cotisé un certain nombre de trimestres

Si ces deux conditions d’âge et de durée de cotisation sont remplies, vous pouvez percevoir à la fois :

      • votre retraite de base à taux plein;
      • votre retraite complémentaire sans minoration.

Entre 62 et 67 ans, possibilité de partir à la retraite même si vous n’avez pas cotisé le nombre de trimestres nécessaires:

…cependant votre pension sera réduite : une décote sera appliquée à la pension lors du calcul.

* Il existe certains cas de départ anticipé (voir plus bas).

La retraite à 67 ans

A 67 ans, un salarié qui n’a pas cotisé le nombre de trimestres nécessaire pourra partir à la retraite sans pénalité de minoration (décote).

Néanmoins, sa pension sera calculée au prorata du nombre de trimestres cotisés.

Cet âge était de 65 ans, jusqu’à la réforme de 2010. Il augmente selon le calendrier suivant :

C’est également à 67 ans qu’un salarié peut percevoir sa retraite complémentaire, même s’il n’a pas cotisé le nombre de trimestres requis pour la retraite de base.

Pour certaines catégories de personnes, cet âge reste fixé à 65 ans :

  • Les parents de trois enfants nés entre le 1er juillet 1951 et le 31 décembre 1955, ayant interrompu ou réduit leur activité professionnelle pour élever au moins l’un d’eux pendant l’équivalent d’au moins un an au cours de ses trois premières années, à condition d’avoir cotisé au préalable au moins 8 trimestres ;
  • Les parents d’un enfant handicapé, qui s’en sont occupés pendant au moins trente mois ;
  • Les aidants familiaux ayant interrompu leur activité professionnelle à ce titre pendant au moins trente mois consécutifs ;
  • Les assurés handicapés à 50% au moins.
La retraite à 70 ans

Aujourd’hui, un employeur du secteur privé peut mettre d’office en retraite un salarié contre son gré à 70 ans, contre 65 ans précédemment,

Pour toucher une pension complète (pour la retraite de base et la retraite complémentaire), il faut donc :

      • soit avoir 67 ans,
      • soit avoir atteint, entre 62 et 67 ans, le nombre requis de trimestres de cotisation.

2. Les âges réels

  • Ne correspondent pas forcément aux âges légaux de départ en retraite
  • Correspondent à la moyenne d’âge auquel les actifs partent effectivement à la retraite:
    • fonction des différents régimes
    • fonction des dispositifs d’incitation au départ à la retraite
3. Temps de cotisation

Il faut justifier, tous régimes de base confondus d’une durée d’assurance minimale.

La durée d’assurance est déterminée en fonction des périodes (calculées en trimestres) pendant lesquelles l’assuré a cotisé au régime général de Sécurité sociale, mais aussi à d’autres régimes obligatoires (en tant que commerçant ou artisan par exemple).

Attention! Pour valider un trimestre, quelle que soit la durée de travail accomplie, il faut avoir cotisé sur une rémunération égale au moins à 200 fois le Smic horaire (1.844 € en 2012).

On peut valider au maximum 4 trimestres par an, ce qui suppose, en 2012, de percevoir dans l’année davantage que 7.376 € (1844 x 4).

Certaines périodes pendant lesquelles on ne cotise pas peuvent être néanmoins validées parmi les trimestres comptés pour ouvrir droit à la retraite :

    • Les périodes de chômage,
    • Les périodes d’arrêt maladie,
    • Les périodes de congé parental,
    • Le service militaire
    • Les enfants donnent droit à des trimestres supplémentaires.
    • Les conditions de durée d’assurance sont liées à votre année de naissance :

**Depuis 2008, la durée d’assurance nécessaire pour percevoir le taux plein est alignée entre secteurs privé et public.

4. Les cas de départ anticipé
      • Le départ anticipé pour carrière longue

Les personnes ayant commencé à travailler très jeunes, avant 18 ans, peuvent dans certains cas partir à la retraite avant l’âge légal.

      • Le départ anticipé pour handicap

Les personnes reconnues handicapées peuvent partir en retraite à partir de l’âge de 55 ans, à certaines conditions.

      • Le départ anticipé pour carrière pénible

Les personnes justifiant d’une incapacité permanente d’au moins 20% liée à la pénibilité de son travail, ou d’au moins 10% à certaines conditions, pourront continuer à partir en retraite à 60 ans même quand l’âge légal augmentera. Elles bénéficieront en outre d’une retraite à taux plein quel que soit le nombre de trimestres validés.

5. Les conditions de décote

La décote s’applique aux retraités qui n’ont pas cotisé le nombre de trimestres suffisants.

Si vous avez dépassé l’âge légal de la retraite (entre 60 et 62 ans suivant votre année de naissance) mais que vous n’avez pas cotisé suffisamment de trimestres, vous pouvez liquider votre retraite, mais elle sera réduite.

Deux cas de figure existent

  • 1er cas de figure :

Vous n’avez pas encore atteint 67 ans votre retraite est

doublement réduite.

  • L’ampleur de cette décote dépend du nombre de trimestres qui  vous manque (soit pour atteindre vos 67 ans, soit pour atteindre la durée légale de cotisation, selon ce qui est le plus avantageux pour vous).
  • En outre, votre pension de retraite sera calculée au prorata du nombre de trimestres cotisés.

Exemple :

Si vous êtes né en 1950, votre durée de cotisation requise est de 162 trimestres et votre âge minimal de départ en retraite est de 60 ans.

Si vous voulez prendre votre retraite en 2010 alors que vous n’avez cotisé que 156 trimestres, votre pension :

– sera calculée à partir d’un taux inférieur à 50 % (voir ci-dessous)

– et sera multipliée par 156/162.

  • 2ème cas de figure :

Si vous avez 67 ans (génération 1955 et suivantes), la décote ne

s’applique plus : on utilisera le taux de 50%. Mais le résultat sera

toujours réduit au prorata du nombre de trimestres cotisés.

6. Calcul de la décote

Il faut d’abord comparer le nombre de trimestres manquant pour parvenir :

1. à la durée d’assurance requise correspondant à votre génération ;

2. à l’âge de la retraite à taux plein (entre 65 et 67 ans suivant votre année de naissance).

On retient le plus petit des deux nombres.

Exemple

Si vous êtes né en 1952, votre durée de cotisation requise est de 164 trimestres, votre âge minimal de départ en retraite est de 60 ans et 9 mois, et l’âge de la retraite à taux plein est de 65 ans et 9 mois. Vous prévoyez de prendre votre retraite en 2013 à 61 ans et demi, avec 156 trimestres validés.

Il vous manque donc :

– 8 trimestres pour parvenir à la durée d’assurance requise de 164 trimestres ;

– 17 trimestres (4 ans et un trimestre) pour atteindre l’âge de 65 ans et 9 mois.

On retiendra donc le chiffre de 8 trimestres pour calculer votre décote.

On multiplie ensuite le nombre de trimestres obtenu par le taux de décote applicable à la génération de l’assuré.

Pour les personnes nées en 1953, ce taux est de 1,25% par trimestre, mais les personnes nées avant cette date se voient appliquer des taux plus élevés

Exemple

  •   Vous êtes né en janvier 1951, et prenez votre retraite à 60 ans et 9 mois en octobre 2011.

Votre salaire annuel moyen, calculé sur la base des revenus revalorisés de vos 25 meilleures années, s’élève à 28 000 €.

  • Vous avez validé 134 trimestres pour la retraite. Pour votre génération, l’âge minimal de la retraite est de 60 ans, l’âge de la retraite à taux plein est de 65 ans, et la durée d’assurance requise est de 163 trimestres.
  • Vous pouvez donc liquider votre retraite, mais votre pension sera doublement réduite, par la décote et au prorata du nombre de trimestres travaillés.

Pour calculer la décote, on compare les trimestres qui vous manquent :

– 163 – 134 trimestres = 29 trimestres pour atteindre la durée d’assurance requise ;

– 65 ans – 60 ans trois quart = quatre ans et un trimestre, soit 17 trimestres pour arriver à l’âge de la retraite à taux plein.

On retient donc le chiffre de 17 trimestres.

Pour la génération née en 1951, la décote par trimestre s’élève à 1,5%, soit 0,75 points de pourcentage à retrancher, par trimestre, du taux plein de 50%.

Ce taux plein, dans votre cas, sera donc réduit de 17 x 0,75 = 12,75 points.

Le taux applicable à votre salaire annuel moyen sera de 50 – 12,75 = 37,25%,

ce qui donne une pension de 28 000 x 38,3125% = 10 430€.

Ce montant est ensuite réduit au prorata du nombre de trimestres validés (134) par rapport à la durée d’assurance requise (163 trimestres) : votre pension de retraite de base sera ainsi égale à 10 430 x 134/163 = 8 574€ par an.

III – Les salariés:

1. Régime général

C’est le premier régime de retraite en France:

  • 17,8 millions de cotisants (70% des actifs en France) et 13,1 millions de retraités
  • Salaire moyen annuel = Salaire moyen des 25 meilleurs années
  • Taux de liquidation = Taux lié à votre âge ou à votre durée de cotisation. Le taux plein est de 50%. Les décotes par trimestre manquant dépendent de votre âge.

Exemple:

 Vous êtes né en 1950 et vous prenez votre retraite à 62 ans. Il vous manque donc 12 trimestres pour atteindre 65 ans mais seulement 6 trimestres pour atteindre les 162 trimestres requis. Votre décote est de 1,625% par trimestre soit 9,75%. Vous aurez votre retraite à 45,125%.

Maladie, chômage, armée…

  • Les périodes d’arrêt maladie, invalidité ou accident du travail (moins de 60j consécutifs)
  • Le trimestre civil pendant lequel a eu lieu l’accouchement
  • Service militaire
  • Les périodes de chômage indemnisé, 50 jours chômés donnant droit à 1 trimestre

Ces trimestres ne sont crédités que si ils sont nécessaires pour la validation d’une année civile (4 trimestres).

Chaque enfant né majore la durée d’assurance de 8 trimestres par enfants avant 2010 et de 4 trimestres après. Les parents peuvent décider de se répartir comme bon leur semble les trimestres gagnés.

Si vous n’arrivez pas à quitter la vie active, vous pouvez bénéficier de surcote visant à augmenter votre pension.

2. Retraite complémentaire

Arrco: Association pour le régime de retraite complémentaire obligatoire (non cadres)

Agirc: Association générale des institutions de retraite des cadres (cadres)

La pension complète est uniquement accordée si le taux plein du régime de base est atteint

IV- Les artisans et les commerçants

Les artisans, commerçants et industriels sont rattachés au RSI (régime social des indépendants) ;

Celle-ci se compose d’une retraite de base, commune à tous, et de deux régimes complémentaires, l’un pour les artisans, l’autre pour les commerçants et industriels.

Les exploitants agricoles sont rattachés à la MSA (Mutualité sociale agricole) ;

1. La retraite de base

Cotisation à la retraite à un taux équivalent à la somme des cotisations patronales et salariales dans le régime général, soit 16,65 % dans la limite du plafond de la Sécurité sociale (36 372€ en 2012).

Ce taux va augmenter progressivement pour atteindre 17,15 % en 2016.

Il y a une cotisation minimale qui s’élève à 318 € en 2012.

Le calcul de la retraite de base des artisans, commerçants et industriels se fait en deux temps :

Avant 1973, le régime des indépendants était un régime par points : si vous avez cotisé avant cette date en tant qu’artisan, commerçant ou industriel, la part de votre retraite correspondant à cette période est calculée sur la base des points que vous avez accumulés à l’époque multipliés par la valeur du pointLa valeur du point est différente pour les artisans et pour les commerçants.

Pour la période postérieure à 1973, la pension se calcule comme dans le régime général, sur la base de 50% d’un revenu annuel moyen qui correspond à la moyenne des meilleures années. Ce taux de 50% est réduit si vous n’avez pas cotisé la durée légale. Le nombre de ces meilleures années retenues dépend de votre date de naissance :

Si vous étiez en activité avant 1973, votre pension de base totale correspond à la somme des deux pensions.

Les conditions pour percevoir la retraite de base des artisans, commerçants et industriels sont alignées, depuis 1973, sur celles du régime général des salariés. Pour bénéficier d’une pension complète, il faut :

  • avoir atteint l’âge légal de la retraite (entre 60 et 62 ans suivant l’année de naissance)
  • avoir cotisé (tous régimes confondus) un certain nombre de trimestres (entre 160 trimestres et 166 trimestres selon l’année de naissance).
  • Si vous liquidez votre retraite après 65 ou 67 ans, vous pouvez bénéficier du taux plein sans avoir cotisé le nombre requis de trimestres.

2. la retraite complémentaire

Jusqu’en 2013, deux régimes complémentaires vont co-exister, gérés l’un comme l’autre par le RSI :

  • Pour les artisans, un système de retraite complémentaire créé en 1979.
  • Pour les commerçants et les industriels, un régime complémentaire mis en place en 2004.

Ces deux systèmes sont des régimes par points. Dans les deux cas, pour percevoir une pension complète, il faut avoir liquidé sa retraite de base à taux plein. Si la retraite de base a été liquidée à un taux réduit, la pension de retraite complémentaire est également réduite.

A partir du 1er janvier 2013, artisans, commerçants et industriels bénéficieront du même régime de retraite complémentaire, qui reste un régime par points. Les points acquis antérieurement continueront à compter de la même façon.

V – Les Professions libérales:

1. Régime général

  • Un régime de base commun à tous (sauf les avocats), la CNAPVL (Caisse Nationale d’assurance vieillesse des professions libérales)

Chaque caisse professionnelle se charge de recouvrer les cotisations et de verser les pensions.

C’est un système par points, obtenu en fonction des cotisations.

Exemple: Pour la tranche 1 (de 1 844€ à 30 916€) le taux de cotisation est 8,6% soit  une cotisation annuelle de 2 659€ pour les revenus à 30 916€, soit 450 points. (1 pt pour 68,70€ de revenus)

Les versements sont proportionnels aux revenus professionnels. Les cotisations provisionnelles dues au titre de l’année 2013 sont calculées sur la base des revenus de 2011 (ou 2012 au choix) et régularisées seulement en 2015.

Les points sont ensuite convertis en rente, le ratio dépendant des caisses.

Les professions libérales touchent en moyenne à la retraite entre ¼ et 1/3 de leur revenu en activité.

2. Retraite complémentaire

  • La CIPAV (Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance vieillesse des professions libérales) est la plus importante. Elle regroupe 150 professions libérales (architecte, mannequins, pilotes, consultants,…)
  • La CARMF (Caisse autonome de retraite des médecins de France) qui regroupe les médecins non salariés.

Ces deux caisses complémentaires permettent de cotiser d’avantages et donc de récolter d’avantages de points selon les tranches de cotisation choisies.

  • La CNBF (Caisse nationale des barreaux français) gère à la fois la retraite de base et la retraite complémentaire des avocats. Elle fonctionne sur le même système de point.

Les autres caisses:

  • CRN : Caisse de retraite des Notaires
  • CAVOM : Caisse d’assurance vieillesse des officiers ministériels, officiers publics et des compagnies judiciaires
  • CARCDSF : Caisse autonome de retraite des chirurgiens dentistes et des sages-femmes françaises (fusion de la CARCD et de la CARSAF)
  • CAVP : Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens
  • CARPIMKO : Caisse autonome de retraite et de prévoyance des infirmiers, masseurs, kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes.
  • CARPV : Caisse autonome de retraite et de prévoyance des vétérinaires
  • CAVAMAC : Caisse d’allocation vieillesse des agents généraux d’assurance
  • CAVEC : Caisse d’allocation vieillesse des experts-comptables et des commissaires aux comptes

VI- Les fonctionnaires

Les règles régissant la retraite des agents de la fonction publique se sont sensiblement rapprochées de celles du régime général.

La réforme des retraites de novembre 2010 a encore accru cette convergence. En particulier, tous les âges limites ont été augmentés progressivement de deux ans.

Pour autant, un certain nombre de particularités demeurent.

Les agents de la fonction publique peuvent être répartis en deux catégories :

1e catégorie :  Les fonctionnaires titularisés, qui relèvent du Code des pensions civiles et militaires, et dont la retraite est versée :

directement par l’Etat pour les fonctionnaires d’Etat, civils et militaires ;

par la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités territoriales (CNRACL) pour les agents des collectivités locales et de la fonction publique hospitalière

2ème catégorie :

Les salariés non titulaires de la fonction publique, qui dépendent du régime général des salariés pour la retraite de base, et de l’Ircantec (Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l’État et des collectivités publiques) pour la retraite complémentaire.

1. Les cotisations

Les régimes des fonctionnaires sont alimentés par une cotisation salariale et une cotisation « employeur », à la charge de l’Etat.

La part « Etat » représente 68,59% de la rémunération brute en 2012. Cette part varie chaque année en fonction des besoins.

La part « salarié » s’élevait à 7,85% jusqu’à 2010. Elle sera progressivement alignée sur le niveau de cotisation des salariés du régime général, à savoir 10,55%.

Certains fonctionnaires peuvent cotiser davantage, à l’instar des policiers de catégorie active. Ces derniers contribuent pour 2,2% en plus : 1% supplémentaire pour tenir compte de la bonification d’un cinquième de durée d’assurance dont ils bénéficient ; auxquels s’ajoutent 1,2% qui correspond à la prise en compte, dans le calcul de leur pension, de l’« indemnité de sujétions spécifiques de police », une prime pouvant représenter jusqu’à 26% de leur traitement.

2. Les conditions de départ à la retraite

A- L’âge minimal de départ à la retraite

Il existe deux catégories d’emploi dans la fonction publique : la catégorie « sédentaire » et la catégorie « active ». La seconde correspond à des emplois considérés comme pénibles ou risqués.

Moins de 17 ans de services en catégorie active è l’âge de départ est le même que dans le régime général.

Possibilité de partir à la retraite à 62 ans si vous êtes né en 1955 ou après, ou entre 60 et 62 ans si vous êtes né avant cette date.

  • Au moins 17 ans de services en catégorie active è Possibilité de partir à la retraite avant l’âge du régime général, la plupart du temps 5 ans plus tôt, parfois 10 (soit respectivement à 57 ans et 52 ans à partir de 2017, un peu plus jeune pour les départs antérieurs à cette date).
B – La durée d’affiliation minimale

Depuis le 1er janvier 2011, pour pouvoir liquider sa pension de retraite, il faut avoir été fonctionnaire pendant au moins 2 ans. Avant 2011, cette durée minimale s’élevait à 15 ans. Si vous avez travaillé moins de deux ans dans la fonction publique, les cotisations correspondantes sont converties en droits dans le régime général et à l’Ircantec.

C – La durée de cotisation pour une retraite à taux plein

Depuis la réforme de 2003, les conditions pour percevoir sa retraite à taux plein dans la fonction publique ont été alignées progressivement sur celles du régime général. La transition n’est cependant pas tout à fait achevée : l’âge auquel on peut percevoir sa retraite à taux plein sans condition de durée d’assurance sera le même que dans le régime général en 2020.

Pour percevoir sa retraite à taux plein dans la fonction publique, il faut donc soit :

→   avoir atteint un âge minimal, qui sera de 67 ans en 2020, comme dans le privé. D’ici là, cet âge dépend de deux facteurs : la date de naissance, et l’âge auquel est atteint l’âge minimal de la retraite.

→   avoir atteint l’âge minimal de départ à la retraite et justifier d’une durée de cotisation (tous régimes confondus) égale à 160 à 166 trimestres suivant l’année de naissance

Cette durée a vocation à évoluer encore dans les années à venir, au même rythme que dans le régime général.

VII – Les carrières mixtes

Pour les carriéristes ayant cotisé pour différents régime de base et complémentaire, les conditions pour liquider sa retraite sont les mêmes (âge, durée de cotisation, avoir cessé tout ou partie de vos activités).

Elle prend en compte la durée de cotisation de tous les régimes confondus mais introduit des règles spécifiques au statut de multicotisant.

Les pensions reçues sont proratisées selon les différentes durées.

Exemple:

Vous avez validé  164 trimestres d’assurance dont 100 en professions libérales et 64  en tant que salarié. Les deux retraites sont donc calculées à taux plein.

Votre retraite de salarié sera proratisée à 39% (64/164).

Pour votre seconde retraite, on convertit tout simplement le nombre de points acquis.

VIII – SOLUTIONS

Introduction:

Même en travaillant au-delà de 60 ans, la dégradation de notre système général de retraite va nous obliger a mettre d’avantage d’argent de coté pour maintenir (ou ne pas trop réduire) notre train de vie après avoir quitté le monde du travail.

La question est de savoir sur quel type de placement miser?

Bien évidemment la réponse ne sera pas la même pour un jeune locataire aux moyens encore limités que pour un cadre confirmé en quête d’allègement fiscal.

Il convient d’analyser la solution correspondant le mieux à sa situation.

1- L’assurance vie : A souscrire sans attendre si ce n’est déjà fait.

Pour préparer votre retraite, l’assurance vie offre de nombreuses possibilités :

  • une épargne progressive, avec un grand choix de placement (du plus sécurisé au plus dynamique)
  • une exonération d’impôt pour une partie des plus-values,
  • le choix de récupérer soit un capital soit une rente viagère, au moment de la retraite,
  • la transmission d’une partie de votre capital à la personne de votre choix (enfants, conjoint…)

Ce placement reste incontournable pour  3 raisons :

  1. Sa souplesse d’utilisation
  2. Sa sécurité
  3. Sa fiscalité avantageuse
  • Souplesse d’utilisation :
    • Alimentation en une seule fois ou en plusieurs (versements libres ou programmés
    • Disponibilité a tout moment (rachat possible, obtenir une avance sous forme d’un prêt consenti par l’assureur.
  • Sécurité :
    • Grande variété de supports d’investissements: fonds euros (sans risque)
    • Diversification en action, obligation, immobilier).

La rentre viagère

Imposable à l’IR exclusivement et est soumise aux Prélèvements Sociaux pour une fraction de son montant annuel calculée en fonction de l’âge du crédirentier (personne percevant la rente, donc le souscripteur) au moment de la perception de la première Rente Viagère.

  • 30% si le titulaire a moins de 50 ans,
  • 50% s’il est âgé de 50 à 59 ans inclus,
  • 60% s’il est âgé de 60 à 69 ans inclus,
  • 70% s’il a plus de 70 ans.

2- Le dispositif MADELIN

Créé pour les travailleurs non-salariés (TNS), le contrat de retraite Madelin a pour objectif de pouvoir se constituer une retraite complémentaire, tout en bénéficiant d’une économie d’impôts.

L’avantage fiscal : vous pouvez déduire l’intégralité de vos cotisations de votre BNC.

L’objectif: Se constituer un capital lors de la liquidation de la retraite, qui sera servi sous forme de rente viagère. Celle-ci est calculée en divisant le capital par l’espérance de vie (définie par les tables de mortalité). Concernant cette dernière, il existe deux écoles :

Celle qui l’applique au terme c’est-à-dire que quel que soit l’âge auquel vous partirez à la retraite, vous serez soumis à la table qui sera en vigueur. L’espérance de vie des français s’allongeant au fil des années, votre rente en subira les conséquences.

Celle qui l’applique dès l’adhésion c’est-à-dire que vous connaissez déjà la table de mortalité sur laquelle vont être calculées vos rentes.

L ’argent est bloqué jusqu’à la retraite sauf exceptions:

    • une invalidité de deuxième ou troisième catégorie du souscripteur, c’est-à-dire une invalidité constatée de 80 % au moins et qui l’empêche d’exercer une activité professionnelle
    • une cessation d’activité non salariée pour cause de liquidation judiciaire (sur présentation du jugement du tribunal de commerce)

Les autres cas de déblocage anticipé qui sont possibles avec le PERCO comme l’acquisition d’une résidence principale ou le décès ne sont pas possibles.

3 – Plan d’épargne retraite populaire

Accessible à tous, le PERP a pour objectif de pouvoir se constituer une retraite complémentaire, tout en bénéficiant d’une économie d’impôts.

Le PERP est similaire au contrat Madelin sur son fonctionnement.

Cependant, les plafonds déductibles sont plus intéressants pour la Madelin.

Madelin Perp
10 % du bénéfice imposable dans la limite de huit fois le PASS, soit 29 097 euros, plus 15 % sur la fraction du bénéfice comprise entre une et huit fois le PASS (plafond de 38 190 euros), soit une déduction maximale de 67 287 euros. 10 % des revenus professionnels retenus jusqu’à 8 fois le plafond annuel de la sécurité sociale soit 29 097 euros ou dans la limite de 10 % du plafond annuel de la sécurité sociale soit 3637 euros.

Le PERP permet également de sortir en capital à hauteur de 20%, le reste étant servi sous forme de rente viagère.

4 – LE PERCO: A alimenter sans hésiter quand l’employeur en propose un.

Il s’agit d’un compte épargne qui est mis en place par accord collectif au sein d’une entreprise et permet ainsi aux salariés de se constituer une épargne complémentaire.

Les versements d’un salarié au PERCO peuvent avoir des provenances différentes :

  • de la Participation
  • de l’Intéressement
  • d’un apport personnel (à condition que la somme des apports ne dépasse pas 1/4 du salaire brut annuel du salarié)
  • de l’abondement de l’entreprise (à condition que les versements ne dépassent pas 16% du plafond de la sécurité sociale)

Une épargne bloquée :

L’épargne investie sur le PERCO est disponible sous forme de rente (ou de capital si l’accord le prévoit) dès l’acquisition des droits à la retraite.

Possibilité de débloquer les fonds d’un PERCO dans des cas  bien définis:

      • Acquisition de la résidence principale ou remise en état en cas de catastrophe naturelle
      • Expiration des droits à l’assurance chômage
      • Surendettement du bénéficiaire
      • Invalidité reconnue du bénéficiaire ou de son conjoint (Marié ou Pacsé) ou de ses enfants
      • Décès du bénéficiaire ou de son conjoint (Marié ou Pacsé)

Sortie du PERCO :

sortie du plan d’épargne en rente viagère:

Les montants perçus sont soumis à l’impôt sur le revenu ainsi qu’aux prélèvements sociaux (CSG, RDS).

La part imposée varie selon un abattement dépendant la l’âge de liquidation de la rente :

      • liquidation entre 50 et 59 ans : abattement de 50%
      • liquidation entre 60 et 69 ans : abattement de 60%
      • liquidation au delà de 70 ans : abattement de 70%

Si la sortie du plan d’épargne s’effectue sous forme de capital, les intérêts provenant de l’épargne ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu mais sont sujets aux prélèvements sociaux.

5 – L’immobilier locatif :

L’immobilier reste un placement privilégié par les français en raison de la sécurité qu’il procure.

Plusieurs types d’investissement existent que ce soit dans l’ancien ou dans le neuf. On peut citer les dispositifs LMP (loueur meublé professionnel), LMNP (loueur meublé non professionnel), Scellier (Duflot), Censi-bouvard, location nue, Malraux, MH etc…

Conclusion:

Chaque dispositif possède ses avantages et ses inconvénients. Le principal est d’analyser lequel de ces dispositifs correspond le mieux à la situation de chacun. Faites appel à un spécialiste afin de personnaliser vos solutions et préparer idéalement votre retraite !

Aurélien GUICHARD

Aurélien GUICHARD

FONDATEUR, DIRECTEUR ASSOCIÉ

Depuis plus de 20 ans, Aurélien Guichard a développé une expertise en gestion privée et gestion de fortune. Diplômé d’un Master in international Business, membre de la Chambre National des Conseils en Gestion de Patrimoine (CNCGP), il anime le développement du groupe Agora finance Gestion Privée qu’il à fondé en 2007.

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